29.08.2007
l'ours et la fée: Dieu toi même !
il y a 50 ans, un couple s'est installé dans une montagne du Forez. comme ils étaient et sont toujours croyants, ils ont construit une chapellle en haut de cette montagne, et tous les ans, une messe est célébrée, la messe des Bergers, à l'issue de laquelle les troupeaux sont bénis. j'y ai assisté (s! si!).
pour moi qui ne croit plus en rien, ce fut l'occasion de voir, comprendre. et tu vois, petit lecteur sournois, j'ai eu un déclic. ça y est, vas tu dire, il a reçu l'illumination. ben non! je suis redescendu toujours aussi payen, mais avec une certitude: la religion catholique s'adresse aux riches. un exemple? extrait d'une prière:
"si je traverse les ravins de la mort, je ne crains aucun mal, car tu es avec moi, ton bâton me guide et me rassure"
et bien va dire ça à un Irakien qui se cache sous les bombes et qui a vu sa famille massacrée!. tant que tu es un bon occidental rassuré dans son 4x4, effectivement, tu ne crains rien. mais le pauvre mec qui n'a qu'une chevre pour toute richesse, dans un pays de merde (et c'est pas de sa faute)??
l'islam s'adresse non seulement aux riches, mais aux pauvres. c'est peut etre pour ça que la religion catholique est en train de rendre l'âme, desertifiée, alors que l'islam prospère, vehiculé par un plus grand nombre.
et du coup, voilà un texte soumis à la fée coccinelle:
"Dieu est une invention de l'homme pour justifier la terreur qu'il fait regner sur ses congénères. et dans "congénère", il y a "génère". de tout temps, l'homme, pour asseoir sa domination de l'homme a inventé des procédés dont la regligion. on pourrait se demander si la croyance en Dieu n'est que la manifestation de la peur: peur de l'inconnu, peur d'un passé qu'on ne saisit pas, peur d'un avenir pas toujours reluisant.
sautant sur cette faille humaine, l'homme en a profité pour créer un créateur, maitre dominant qui pointe le doigt vers toi en te disant: "gare à toi si tu ne m'obeït pas!". et toi, tremblant de peur, tu dis: "oui Maitre !".
mais l'homme étant plus tordu que l'homme, a profité de cette croyance aveugle pour aveugler les pauvres bougres, soit en tant que représantant de cette autorité divine, soit en tant que chef (militaire ou d'état ou de tribu, tu choisis).
si tu n'obeis pas au chef, Dieu te punira. et toi,comme un con, tu trembles en demandant pardon.
l'avantage de cette domination, c'est qu'elle va permettre au chef de justifier ses propres barbaries et celles qu'il te fait commettre.
au nom de dieu , tous unis dans la barbarie, nous massacrons allegrement notre propre race, notre propre terre, mais nle nom de dieu, invoqué par Bush ou Ben lLaden, finalement n'est que la justification de leur propre besoin de dominance. dominance morale pour l'un, dominance petroliere pour l'autre, car on ne peut pas demander à Bush d'avoir suffisament de neurones pour comprendre la moralité. les société petrolieres américaines s'en chargent à sa place.
Dieu à les mains tachées de pétrole.
et toi, tu cherches la lessive"
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partant de ce constat, si constat il y a, j'aimerais savoir si, chez
toi, la religion (qui est très présente dans tes origines),
représente quelque chose.
-Il est vrai qu'avec mes origines Slaves, la religion fut toujours très
présente. Mes grands-parents Polonais, c'est le Pape, la croix etc... Et ma
grand-mère Russe, toutes les coutumes orthodoxes.
crois tu, ou rejette tu la religion.
-Oui, je suis croyante. Très même. Malheureusement, beaucoup moins
pratiquante mais uniquement parce que mon lieu de culte est loin et que je
suis maintenant trop fatiguée pour y aller régulièrement.
est ce que ta maladie t'a poussé vers la religion ou au contraire, t'en a
approché .
-Je ne pense pas être croyante parce que je suis malade. Certes, la religion
apporte de formidables espoirs mais le problème n'est pas là. Pour moi, nous
ne sommes pas fait pour vivre sans spiritualité. Que nous soyons heureux ou
malheureux.
pense tu que la religion puisse etre un recours dans le désespoir, ou
une prise de conscience de sa vanité?
-Bien sûr, pour moi qui suis croyante, on ne devient pas spirituel parce
qu'on est dans le désespoir. Cependant, Dieu peut nous venir en aide.
est ce que tu comprends ceux qui se tournent la religion et/ou ceux
qui s'en éloignent.
-Je peux comprendre bien évidemment. Les deux cas d'ailleurs. Mais pour moi,
vivre sans piété est une erreur. Ce n'est pas parce qu'une parole ou un
comportement nous déplaît qu'il nous faille nous détourner de Dieu. Mais
aujourd'hui, le monde va tellement vite. On n'a plus le temps de penser à
ces choses. Ce qui me désole, c'est que cela semble presque être une mode de
se dire incroyant. Chez moi, il y a quatre religions différentes. J'avoue
qu'il y a eu au début quelques petites réticences mais avec beaucoup de
respect, je dois dire que notre foyer est harmonieux. J'aime les gens pieux
(les autres aussi bien sûr !), ils m'apaisent. Parler avec une autre
confession que la nôtre est très enrichissant.
ou sous quelle forme verrais tu un etre supérieur.
-Pour moi, Dieu ne peut être représenter. Il est partout, avec chacun d'entre
nous.
Enfin, tout ceci est très personnel. Mes propos n'engagent donc que moi.
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je n'ai rien à ajouter; tout est personnel.
11:05 Publié dans conversation | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : dieu, handicap
03.04.2007
téléthon qui croyait prendre
poursuite de nos conversation avec la fée coccinelle. pour ceux qui prennent le train en marche, petit rappel: la fée est myopathe, elle n'a plus l'usage de ses membres, elle ecrit avec le menton grâce à un systeme mis au point par Pierre P. (je ne donne pas son nom pour ne pas froisser sa modestie). mais chauqe ligne, chaque mot représente un effort important. bon, passons au choses sérieuses, avec en tialique mes propos, en normal ceux de la fée:
-le telethon est une escroquerie. attention, il ne faut pas voir dans ce propos une accusation sur la bonne volonté des organisateurs et donneurs. je ne juge pas sur la forme (quoi que...), mais sur le fond. car entendons nous bien. les maladies comme la sclérose en plaque, la myopathie sont des fléaux. et il faut faire avancer la recherche.
mais justement, la recherche? ou en est elle? les labos publics sont financés, enfin devraient être financés par l'état, avec nos impôts.
normal. mais bizarrement, en cette période électorale, la recherche n'est pas beaucoup présente sur le front des promesses. promesses électorales, promesses de dons, on se rejoint.
je trouve anormal que la recherche ne soit pas un element clef de nos impots. donner du fric à l'état pour que notre glorieuse armée puisse repousser les assauts de quelques papous velléitaires, connaissant l'histoire de nos armées et leur capacité à endiguer une invasion, ça m'a toujours écœuré. mais donner du fric au CNRS ou autre pour qu'il puisse trouver une parade à une maladie, je trouve cela, non seulement normal, mais nécessaire.
dans le cas de labos privés, ceux ci travaillant pour des consortiums pharmaceutiques, cette recherche sera rentabilisée par la vente des médicaments issus de la recherche.
alors pourquoi un téléthon? sensibiliser le public? ok, mais pourquoi la télé doit elle se substituer à l'état?
j'ai proposé, dans une autre vie que les frais d'élection de monsieur Nicolas Sarkozy à la tête de l'ump (8 millions d'euros, la plaisanterie médiatique) soient versé à la recherche. mais demander au public de faire une promesse de don, je trouve cela kafkaïen. un show médiatique pour avoir des promesses qui ne sont que des promesses, alors que les sommes qui pourraient être récupérées devraient être prises sur nos impôts.
que l'on organise une journée, une soirée TV pour sensibiliser le public sur les problèmes des malades, sur la difficulté de la recherche, je suis d'accord, à condition toutefois que l'on puisse interpeller les pouvoirs publics sur la nécessité d'assumer leur responsabilité. leur faire bouger le cul, leur faire prendre conscience à ces élus que les dépenses futiles autant qu'inutiles pourraient être déplacées
vers des pôles d'intérêt plus urgents.
la recherche n'as pas d'argent. mais à qui la faute?
alors arrêtons le téléthon, et bousculons les édiles qui, eux, n'ont peut être pas envie de donner à la recherche. leur confort feutré les isole encore un peu plus de nous. et des malades.
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Je n'ai pas souhaité couper ton texte car tout se tient et finalement, tu as raison sur tout dans le fond mais mais...
Il est vrai que ce n'est pas aux français de donner mais nous n'avons pas le temps d'attendre que les politiciens se bougent. Et il ne faut pas se leurrer, même en cette période électorale, rien ne changera. Mais même les
gens en fait pendant cette campagne n'ont pas beaucoup parlé de la recherche médicale. Je les comprends, quand on est en bonne santé et que l'on vit vraiment, le plus important est le travail, le chomage, le logement,
retraite, pouvoir d'achat etc...
Quand on n'a pas de problèmes de santé, ce n'est pas évident d'y penser. Et je le comprends parfaitement et c'est un bonheur d'ailleurs que de ne pas avoir ce genre de préoccupations.
Mais nous, nous devons foncer. Le temps presse. Et tout ce que l'AFM* a fait jusqu'ici est remarquable car il ne faut pas oublier que ce sont de "simples" parents qui au départ, ont agi. Un fauteuil roulant, une aide
technique pour dormir, manger, écrire etc... Tout cela, c'est le Téléthon. Je ne connais rien en politique mais depuis justement le jour où nous avons manifesté, réclamé ce réveil du gouvernement, nous avons pas mal perdu.
Beaucoup plus de démarches administratives pour prouver nos besoins, parfois même notre maladie (si si !), même notre unique centre bâti il y a vingt ans par des parents nous a été enlevé !
Alors une question se pose : cela valait-il la peine d'être soit-disant "aidé" pour en arriver là ? Personnellement, moi, je regrette. La recherche médicale est effectivement très importante mais notre quotidien ne doit pas
être encore plus difficile qu'il ne l'est déjà par des gens qui sont pour moi incompétents en matière de vie quotidienne.
Moi, ce que j'aimerais par contre de la part des politiques, cela serait par exemple des lois, stages ou débats qui aideraient à changer les mentalités au handicap. Outre que cela nous rendrait plus heureux à vivre parmi tout le monde, cela nous aiderai également grandement lorsque par exemple nous serions devant un guichet à expliquer que nous sommes réellement malade (ce qui est très pénible). C'est toute une nouvelle mentalité qui serai utile et primordiale.
Quant à la forme du Téléthon, en effet, on pourrait douter. Ceci dit, je ne suis pas persuadée que l'on aurait fait autant de chemin. Aujourd'hui, les gens savent, nous connaissent. Les milliers d'enfants qui font le Téléthon à
nos côtés grandiront avec ces différences dans le coeur.
Il est vrai cependant que les images de certains reportages sont pour vous difficiles à voir, je peux le comprendre. Mais il faut savoir que ces images sont réelles, c'est notre quotidien à nous.
-d'abord merci de ta réponse, je sais les efforts incroyables qui te sont nécessaires pour écrire.
pour en revenir au téléthon, donc si je résume, il faudrait changer la forme, tout en sachant que cette sensibilisation est nécessaire, mais que la mobilisation doit être autre.
pour la sensibilisation, je me souviens d'une personne atteinte d'une maladie dont j'ai oublié le nom, mais qui lui procure les plus grande difficulté à marcher. quand il se déplace, il donne l'impression d'un type complètement saoul. tu comprends pourquoi il vit en ermite. j'ai été faire de la musique chez lui, avec un ami, pour qu'il puisse assister à un concert, chose qu'il s'interdit à cause du regard des gens! ce jour là, la musique avait, pour moi, un sens. (et le sens du don, aussi)
et ce regard des gens est le plus lourd, mais tout simplement, parce qu'ils font appels à des références, le schéma du handicap n'entre pas dans la normalité. et la gène qu'ils ressentent peut se traduire autant par la fuite que par l'agressivité. je ne cherche pas d'excuses, mais une explication.
pour la mobilisation, d'abord nos conversations en sont une forme. est ce qu'elle servira à quelque chose, j'en doute, mais au moins nous aurons fait l'effort (surtout toi) de parler, d'expliquer.
pour le téléthon, ne faudrait il pas, mais on tombe dans le paradoxe le plus complet, organiser un télépolithon: un téléthon ou seul les politiques viennent faire des promesses, non pas de dons, mais d'action. paradoxe, les politiciens font toujours des promesses qu'ils obstinent à ne pas tenir, sinon ils perdraient leur repères!. non, des promesses, qui seraient soumises à un contrôle.
tu a promis, toi le maire de trouduville d'aménager les trottoirs et les arrêts de bus, maintenant, des actes des devis, des preuves. toi le ministre qui a promis des aides pour l'intégration professionnelle, maintenant fais nous voir ce que tu a fais. ou sont les emplois? ou sont les employés handicapés?
et le télépolithon suivant, on pourrait faire un bilan personnel de chaque promesse. mais là, je rêve, aucun politicien ne s'engagera à tenir ses promesses, aucun politicien ne participera à une manifestation ou il doit s'engager.
mais on peut toujours rêver. et vois-tu, petite fée, ces conversations ne sont qu'une petite pierre à l'édifice, mais au moins, elles existent.
pour illustrer, une photo d'Anoine Patin que je trouve tres parlante:
10:52 Publié dans conversation | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : telethon, handicap, elections, presidentielles, recherche
22.03.2007
l'ours et la fée: l'amour du miroir
voilà le texte que j'ai soumis à la fée coccinelle. je cite tout d'abord ce texte dans son intégralité, car il ne s'adresse pas à la fée, mais à toi, à ton voisin, à ta concierge :
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"tu te reveilles un matin, avec le ventre qui te tiraille, des sueurs froides, et l'unique vision du visage de l'autre, celle ou celui qui tu aimes.
ou que tu crois aimer.
tu te dis "c'est ça l'amour!" "j'aime!".
mon cul, oui! tu n'as pas conscience que, de tout temps, l'homme a infligé à l'homme ce sentiment de l'amour. amour du prochain, amour de dieu, et de ses pretres. la crainte et l'amour, on mélange le tout, et on obtient la domination.
l'amour est un sentiment artificiel, un OGM de la raison.
alors regarde un peu plus loin, plus loin que le visage de la personne qui est en face de toi, et essaye d'etre lucide un instant.
aimer quelqu'un c'est avant toi aimer soi-même, en pur egoïste que tu es. ce que tu vois dans les yeux de la personne aimée, ce n'est que toi-même. c'est le reflet de ta propre personalité, enfin plus exactement de ce que tu voudrais etre. tu ne vois meme pas la personne, tu ne vois que ce que tu voudrais qu'elle soit. mais son regard n'est qu'un miroir, un énorme miroir déformant qui te cache ta propre vérité. qui te cache la personne que tu crois regarder.
et puis, au fil du temps, le tain du miroir s'estompe, s'effrite, te laissant peu à peu, non seulement enfin percevoir qui est en face de toi, mais aussi voir dans son regard qui tu es vraiment.
et tu prends conscience de tes propres défauts, tes travers, tes incompétences, et tu vois enfin l'autre tel qu'il est, tel que tu n'aurais pas voulu qu'il soit. tu perçois enfin la vérité.
et cette vérité n'est pas à ton honneur, tu en prends la pleine gueule. et l'autre aussi, bien sur.
alors, soit la raison l'emporte, et tu te dis que finalement, ça pourrait etre pire, mais ça ne pourrait pas etre mieux, et tu t'en accomodes.
ou alors, tu refuses cette vérité, tu la rejettes, tu casses tout et tu t'en vas retrouver un autre miroir, qui saura, en son temps t'apporter toutes les desillusions du monde.
l'onanisme sentimental n'a pas de fin !"
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maintenant je reprends le texte avec la conversation qui en a suivi:
-tu te reveilles un matin, avec le ventre qui te tiraille, des sueurs froides, et l'unique vision du visage de l'autre, celle ou celui qui tu aimes.
Oui je vois. ;-)
-ou que tu crois aimer.
Ah non non non, pas d'accord. Je suis une fée et je suis donc très romantique. Tout le monde me dit que je rêve, que la l'amour n'est pas aussi beau mais je persiste et persisterai toujours. L'amour, le véritable existe.
Je le sais car je le vis. Moi, chaque matin, je me lève en me disant que quelqu'un m'aime, que je l'aime, je sais qui il est et je sais qui je suis.
-tu te dis "c'est ça l'amour!" "j'aime!".
mon cul, oui! tu n'as pas conscience que, de tout temps, l'homme a infligé à l'homme ce sentiment de l'amour. amour du prochain, amour de dieu, et de ses pretres. la crainte et l'amour, on mélange le tout, et on obtient la domination.
Il y a effectivement plusieurs sortes d'amour mais il ne faut pas tout mélanger je pense. L'amour de notre moitié n'a pas de sentiments malsains.
-l'amour est un sentiment artificiel, un OGM de la raison.
Grrr, tu vas me faire transformer en je ne sais quoi ! ;-)
-alors regarde un peu plus loin, plus loin que le visage de la personne qui est en face de toi, et essaye d'etre lucide un instant.
aimer quelqu'un c'est avant toi aimer soi-même, en pur egoïste que tu es. ce que tu vois dans les yeux de la personne aimée, ce n'est que toi-même. c'est le reflet de ta propre personalité, enfin plus exactement de ce que tu voudrais etre. tu ne vois meme pas la personne, tu ne vois que ce que tu voudrais qu'elle soit. mais son regard n'est qu'un miroir, un énorme miroir déformant qui te cache ta propre vérité. qui te cache la personne que tu crois regarder.
Tout cela est vrai mais je n'y vois pas de problème. Chacun de nous aime l'autre pour ses qualités mais aussi avec ses défauts. On fait avec, tout simplement parce que l'amour est plus fort. Mais effectivement, on est flatté parce que l'autre nous trouve belle et merveilleuse mais le véritable amour voit également ses petits travers.
-et puis, au fil du temps, le tain du miroir s'estompe, s'effrite, te laissant peu à peu, non seulement enfin percevoir qui est en face de toi, mais aussi voir dans son regard qui tu es vraiment.
et tu prends conscience de tes propres défauts, tes travers, tes incompétences, et tu vois enfin l'autre tel qu'il est, tel que tu n'aurais pas voulu qu'il soit. tu perçois enfin la vérité.
et cette vérité n'est pas à ton honneur, tu en prends la pleine gueule. et l'autre aussi, bien sur.
Tu peux aussi par amour et par honnêteté t'examiner et te dire "c'est vrai que je suis comme ça, je devrais essayer de changer". Personnellement, je connais ses défauts, il connaît les miens et j'essaie toujours de m'améliorer (même si je n'y parviens pas toujours, loin de là hélas !).
-alors, soit la raison l'emporte, et tu te dis que finalement, ça pourrait etre pire, mais ça ne pourrait pas etre mieux, et tu t'en accomodes.
ou alors, tu refuses cette vérité, tu la rejettes, tu casses tout et tu t'en vas retrouver un autre miroir, qui saura, en son temps t'apporter toutes les desillusions du monde.
l'onanisme sentimental n'a pas de fin !
Si l'on s'en va parce que le miroir nous déplaît, n'y a-t-il pas un problème plus profond ? Parfois, j'ai l'impression que les gens ne savent plus aimer. C'est triste et c'est peut-être aussi pour ça que le monde va si mal aujourd'hui.
-bon, tu as un gros, un énorme défaut: tu es généreuse; tu manques absolument d'égoïsme. est ce propre aux fées?
tu refuses de voir, de croire, que l'homme (l'humain) n'est qu'un egoïste. est ce d'ailleurs propre à l'homme? les animaux manifestent de l'égoïsme en n'hésitant pas à tuer ses propres enfants si ceux ci bouffent leur territoire. l'égoïsme est nécessaire pour la survie.
quand tu aimes, ou es persuadé(e) que tu aimes, en vérité, est ce que ce n'est pas par pur égoïsme, est ce que ton bonheur n'est qu'unique et personnel et que l'autre n'est que la matière sur laquelle est fondé ton propre bonheur?
tu es heureux quand l'autre est heureux, par nécessité d'être heureux. pas par générosité. ton bonheur est exclusif, pas partagé. c'est pour cela que tu ne vois dans le regard de l'autre que ton propre reflet d'humain heureux.
tu te retrouve devant le paradoxe de la nécessité d'avoir un autre pour que ton propre bonheur exclusif soit réalisé.
la générosité envers l'autre n'est que l'accomplissement de ton propre bonheur.
mais je suis dur, froid, et surtout provocateur. et la provocation n'est qu'une façon de poser des questions.
tu me dit que le monde va mal aujourd'hui. d'une part est-ce vrai, ou alors l'information va plus vite et plus loin et nous avons maintenant conscience des malheurs des autres?
mais l'homme reste profondément égoïste, nos candidats à l'élection veulent notre bonheur, disent-ils, mais en vérité ils ne veulent que le pouvoir pour assouvir leur besoin de prouver leur propre existence.
et maintenant, une question que les gens "normaux" (par là, j'entend le couillon qui monte dans sa voiture, va à carrouf faire ses courses...) que les gens normaux disais-je n'osent pas poser à une personne handicapée.
Merci d'oser alors.
-tu es amoureuse, tu aimes, mais qu'est ce que l'amour, ou plutot l'accomplissement de l'amour pour toi.
Tout d'abord, je n'ai jamais jamais rêvé d'histoire d'amour (et encore moins avec un homme normal). Qui en effet me voit dans la rue peut s'imaginer qu'un homme valide m'aime à ce point ? Et pourtant, nous vivons un amour beaucoup plus fort que pas mal de gens. J'aimerais parfois lorsque je vois tant d'échecs leur donner ma "recette" mais y en a t-il une vraiment ? Je ne pense pas, juste peut-être laisser nos coeurs se parler. La vie fait le reste.
L'amour nous réalise tous les deux. Il me dit avoir changé, quant à moi...
C'est carrément la VIE qu'il m'a offert. Avant, c'était ma maladie qui vivait en moi. Aujourd'hui, c'est moi, seule. J'ai mille et une choses en tête, mille et un projets, mille et une passions.
-si on s'en tient à l'origine bestiale de l'amour, c'est assurer la survie de sa race par procréation, le reste n'étant qu'intellectuel et pas forcément superflu.
vis tu un amour platonique, et est il suffisant pour ton bonheur?
Un amour platonique ne m'aurait pas satisfait. Un amour platonique peut-il être un amour véritable ? Aurais-je dû m'en satisfaire parce que je suis "comme ça" ? Il n'aurait pu satisfaire à mon bonheur et surtout, un amour
platonique aurait signifié que je n'étais bonne qu'à ça. Et vivre cela, autant ne rien vivre du tout. Moi, je veux exploser de bonheur et d'amour. Ma vie est trop fragile pour vivre des demies mesures, des demis sentiments. Alors, c'est sûr, réunir nos deux mondes si opposés n'est pas facile tous les jours. Moi, je préfère par exemple sortir, visiter, me promener. S'arrêter pour moi, c'est perdre du temps. Mais avec chacun ses concessions, nous y arrivons !
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rien à ajouter. tout est clair. tiens, je n'ai meme pas d'illustration pour cette conversation. toi qui lit ce billet, qui vient là par hasard ou par amité, tu n'aurais pas quelque chose à me proposer?
09:25 Publié dans conversation | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : amour, handicap
05.03.2007
L'ours et la fée: comment devenir fée
tu ne pourras pas dire que tu n'étais pas prévenus: voici la premiere conversation que j'ai eu avec la petite fée Coccinelle, une fée qui ne peut ni voler, ni meme marcher. mais elle ira toujours plus loin que toi.
-Coccinelle, comment est tu devenue fée?
Ce sont les autres qui me l'ont fait devenir. Plusieurs personnes me l'ont dit. Mais les fées finissent un jour par être seule. Et c'est dans un de ces moments que je me suis dit qu'effectivement, il y avait quelque chose. Un ami proche du divorce qui se réconcilie avec sa femme, des amis malades que j'ai soutenu comme j'ai pu aujourd'hui quelques-uns heureusement guéris, des enfants ayant trouvé leur voie professionnelle à cause de ma présence dans leur petite enfance etc... Et toutes ces personnes une fois rétablies dans leur corps ou leur cœur ont disparu de mon chemin. Mais cependant, je ne regretterais jamais chacun de mes petits "coups de baguette magique". Je pense très souvent à chacun d'entre eux avec énormément de tendresse et je me dis que la vie de fée est vraiment faite pour moi : amour des autres et amour de la solitude. Je me nourrie de ça pour vivre, j'ai besoin d'aimer mais également besoin de solitude pour me retrouver. Aimer et "disparaître" ensuite me ressemble.
-oui mais ce n'est pas toi qui disparait, ce sont eux, ceux qui sont rétablis.. et c'est normal. j'ai vécu ça, voir les gens que j'avais aidé, disparaitre quand tout allait mieux. au début, je me suis demandé s'ils étaient ingrats, mais à la reflexion, je me suis rendu compte que je représentais, (que j'étais un élément de) leur période noire, et cette période, ils préféraient l'oublier, moi avec. alors, finalement, c'était aussi bien que je ne fasse plus parte d'eux meme, leur bonheur était mieux sans moi. tu as l'avantage d'etre une fée, et la solitude est un élément essentiel à ta survie. mais pour le clampin moyen, la solitude c'est la mort, et l'abandon, est un chemin vers la mort. il a de la peine à imaginer que l'abandon est necessaire.
C'est exact mais quand ce sont de véritables amis, cela fait mal tout de même. Alors, j'avoue avoir vécu cette absence comme si l'on m'avait jeté en plein milieu d'un désert aride. Mais finalement, était-ce des amis ? L'inconvénient d'être une fée, c'est que l'on est entière en sentiments.
-alors là, on va pouvoir discuter de l'amitié de l'amour, mais ça fera l'objet d'une autre discussion: est ce que l'amour (l'amitié) existe vraiment? est ce que, justement, le fait qu'ils t'abandonnent est la preuve que l'amitié qu'ils ont pour toi n'existe pas ou bien que l'amitié en tant que sentiment n'est qu'une supercherie?
C'est sûr, l'amitié qu'ils avaient pour moi n'existait pas rééllement. Pour en vivre plusieurs de plus de trente ans, je crois profondément en l'amitié. La vraie, celle qui suit n'importe quel chemin que tu emprunteras. Celui qui t'apporte des joies ou parfois des peines. L'amitié avec un grand A ne s'enfuit jamais.
-bon, et bien, nous en discuterons de ce sentiment qu'est l'amour, l'amitié. ça va saigner :-)
et pour illustrer nos propos, une musique de LeinaD:

10:53 Publié dans conversation | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : fée, handicap, conversation, social, amitié
01.03.2007
Bulle de Savons
tu crois faire partie du monde, être totalement integré, tu as deux jambes, deux bras qui fonctionnent tant bien que mal et une tête censée te faire réflechir.
tu te dis que la majorité est normalité. dieu est amour, la démocratie est merveilleuse, tout ça. et si tu repense au sens de l'histoire, tu te dis que Adolf Hitler a été élu démocratiquement. que les allemands ont fait une grosse boulette. tu te dis que la majorité des PC ont des virus. c'est la normalité? non! des utilisateurs n'ont jamais de virus. ils ont des mac des linux. et il sont l'infime minorité. alors tu commence à regarder les choses sous un autre angle.
tu as toujours baigné dans le liquide amniotique de ton savoir, bulle de savoir, bulle de savons. nous ne savons rien! écoute Socrate.
et puis tu vois sur le parking du supermarché des emplacements bleus pour handicapés. ils sont minoritaires, speciaux. et pourtant... t'es tu demandé si ces handicapés étaient supérieurs, inférieurs ou égaux ?
égaux en droit, mais pas en possibilité, en accessibilité.
supérieurs, ils le sont certainement car leur regard est beaucoup plus acéré que le tien. ils voient beaucoup plus de choses que tu ne verras jamais, enfermé dans ta bulle.
inférieurs, ils ne le sont que dans ton regard misérabiliste, misericordieux.
alors, je vais te faire lire, ici meme, la conversation que j'ai avec une fée. tu vas dire "ça y est, il déconne, il a encore sifflé un peu trop de bourgogne"
non, j'ai rencontré une fée. une fée sans mobilité, avec une (jolie) tête qui pense, qui observe, qui raconte, qui se raconte dans ces entretiens. alors, lis, écoute, et surtout ne fait pas dans le larmoyant. elle ne le mérite pas.
elle est plus normale que toi.![]()
10:25 Publié dans sociale | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : fée, handicap, conversation, social, minorité

