05.03.2007
L'ours et la fée: comment devenir fée
tu ne pourras pas dire que tu n'étais pas prévenus: voici la premiere conversation que j'ai eu avec la petite fée Coccinelle, une fée qui ne peut ni voler, ni meme marcher. mais elle ira toujours plus loin que toi.
-Coccinelle, comment est tu devenue fée?
Ce sont les autres qui me l'ont fait devenir. Plusieurs personnes me l'ont dit. Mais les fées finissent un jour par être seule. Et c'est dans un de ces moments que je me suis dit qu'effectivement, il y avait quelque chose. Un ami proche du divorce qui se réconcilie avec sa femme, des amis malades que j'ai soutenu comme j'ai pu aujourd'hui quelques-uns heureusement guéris, des enfants ayant trouvé leur voie professionnelle à cause de ma présence dans leur petite enfance etc... Et toutes ces personnes une fois rétablies dans leur corps ou leur cœur ont disparu de mon chemin. Mais cependant, je ne regretterais jamais chacun de mes petits "coups de baguette magique". Je pense très souvent à chacun d'entre eux avec énormément de tendresse et je me dis que la vie de fée est vraiment faite pour moi : amour des autres et amour de la solitude. Je me nourrie de ça pour vivre, j'ai besoin d'aimer mais également besoin de solitude pour me retrouver. Aimer et "disparaître" ensuite me ressemble.
-oui mais ce n'est pas toi qui disparait, ce sont eux, ceux qui sont rétablis.. et c'est normal. j'ai vécu ça, voir les gens que j'avais aidé, disparaitre quand tout allait mieux. au début, je me suis demandé s'ils étaient ingrats, mais à la reflexion, je me suis rendu compte que je représentais, (que j'étais un élément de) leur période noire, et cette période, ils préféraient l'oublier, moi avec. alors, finalement, c'était aussi bien que je ne fasse plus parte d'eux meme, leur bonheur était mieux sans moi. tu as l'avantage d'etre une fée, et la solitude est un élément essentiel à ta survie. mais pour le clampin moyen, la solitude c'est la mort, et l'abandon, est un chemin vers la mort. il a de la peine à imaginer que l'abandon est necessaire.
C'est exact mais quand ce sont de véritables amis, cela fait mal tout de même. Alors, j'avoue avoir vécu cette absence comme si l'on m'avait jeté en plein milieu d'un désert aride. Mais finalement, était-ce des amis ? L'inconvénient d'être une fée, c'est que l'on est entière en sentiments.
-alors là, on va pouvoir discuter de l'amitié de l'amour, mais ça fera l'objet d'une autre discussion: est ce que l'amour (l'amitié) existe vraiment? est ce que, justement, le fait qu'ils t'abandonnent est la preuve que l'amitié qu'ils ont pour toi n'existe pas ou bien que l'amitié en tant que sentiment n'est qu'une supercherie?
C'est sûr, l'amitié qu'ils avaient pour moi n'existait pas rééllement. Pour en vivre plusieurs de plus de trente ans, je crois profondément en l'amitié. La vraie, celle qui suit n'importe quel chemin que tu emprunteras. Celui qui t'apporte des joies ou parfois des peines. L'amitié avec un grand A ne s'enfuit jamais.
-bon, et bien, nous en discuterons de ce sentiment qu'est l'amour, l'amitié. ça va saigner :-)
et pour illustrer nos propos, une musique de LeinaD:

10:53 Publié dans conversation | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : fée, handicap, conversation, social, amitié
01.03.2007
Bulle de Savons
tu crois faire partie du monde, être totalement integré, tu as deux jambes, deux bras qui fonctionnent tant bien que mal et une tête censée te faire réflechir.
tu te dis que la majorité est normalité. dieu est amour, la démocratie est merveilleuse, tout ça. et si tu repense au sens de l'histoire, tu te dis que Adolf Hitler a été élu démocratiquement. que les allemands ont fait une grosse boulette. tu te dis que la majorité des PC ont des virus. c'est la normalité? non! des utilisateurs n'ont jamais de virus. ils ont des mac des linux. et il sont l'infime minorité. alors tu commence à regarder les choses sous un autre angle.
tu as toujours baigné dans le liquide amniotique de ton savoir, bulle de savoir, bulle de savons. nous ne savons rien! écoute Socrate.
et puis tu vois sur le parking du supermarché des emplacements bleus pour handicapés. ils sont minoritaires, speciaux. et pourtant... t'es tu demandé si ces handicapés étaient supérieurs, inférieurs ou égaux ?
égaux en droit, mais pas en possibilité, en accessibilité.
supérieurs, ils le sont certainement car leur regard est beaucoup plus acéré que le tien. ils voient beaucoup plus de choses que tu ne verras jamais, enfermé dans ta bulle.
inférieurs, ils ne le sont que dans ton regard misérabiliste, misericordieux.
alors, je vais te faire lire, ici meme, la conversation que j'ai avec une fée. tu vas dire "ça y est, il déconne, il a encore sifflé un peu trop de bourgogne"
non, j'ai rencontré une fée. une fée sans mobilité, avec une (jolie) tête qui pense, qui observe, qui raconte, qui se raconte dans ces entretiens. alors, lis, écoute, et surtout ne fait pas dans le larmoyant. elle ne le mérite pas.
elle est plus normale que toi.![]()
10:25 Publié dans sociale | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : fée, handicap, conversation, social, minorité

