13.03.2007

l'ours et la fée: un étrange regard

suite de la conversation avec la fée coccinelle. aujourd'hui l'image de soi-meme. illustrée par une peinture de la fée.
en italique mes propos, en normal, ceux de la fée coccinelle.
en normal....

-comment vois tu l'image que te renvoie ta webcam?

Assez difficile à répondre. Cela dépend du moral du moment. Je peux me dire "Finalement, tu n'as pas un trop moche visage" ou alors "Tu as vu à quoi tu ressembles ? Cela ne m'étonne pas que les gens ne viennent pas à moi." C'est fou ce que les apparences peuvent jouer dans les relations.
En fait, je supporte à peu près mon visage mais pas mon corps car il est le symbole de ma mise à l'écart du monde. A entendre les gens, ce n'est pas juste, il faut que ça change etc... Cela me fait bien rire.
Je ne veux surtout pas me plaindre mais il est vrai que j'aimerais tant être considéré comme n'importe quel autre quidam. Je rêverais un monde où l'on ne verrait d'abord que l'âme de l'être humain et non plus l'apparence en premier lieu. Un monde où les barrières du physique n'existeraient plus.
Ainsi, peut-être que je supporterais mieux mon image.
Toi qui fais partie de l'autre monde, que vois-tu devant une telle image ?

-la mienne? la tienne?
la mienne, je vois un vieil ours ronchon, la tienne, je vois une fée mélancolique.
mais quand les gens te disent que ce n'est pas juste, c'est preuve qu'ils percoivent ta différence physique en déphasage avec ce que tu es vraiment. ils voudraient que ton corps ressemble à ton esprit. ils rattachent encore le visuel au perceptif. il n'ont pas conscience que tu existes autrement qu'à travers tes impossibilités physiques. ça dérange, ce n'est pas cette fameuse normalité.


Mais pourquoi est-ce que je dérange ? J'aimerais tant qu'ils aient le courage de me le dire. Mais les valides et le courage, c'est une autre histoire...
Je les peine ou ils ont peur ? Souvent, les femmes enceintes me regardent bizarrement, portent leur main sur leur ventre et disparaissent. Je me dis: "mince, elles ont peur pour leur bébé."

-mais elles ont peur ! et ce sentiment est normal, meme dans toute son horreur.

Ce qui me met vraiment en rage, ce sont les gens qui ont l'air très étonné de me voir devant des livres. Ben oui, je sais lire Madame (beaucoup plus la gente féminine en effet) et je lis d'ailleurs peut-être plus que vous !
Parce que mon corps ne ressemble à rien, les gens sont loin de s'imaginer que mon cerveau, lui, fonctionne. C'est dans leur regard que je me sens différente. Quand j'ai la forme, je vais en ville et bien souvent, je reviens déprimée. Cela me gène aussi beaucoup pour ma famille, mes amis. Je me souviens de ma petite soeur adolescente, ce n'était pas toujours facile
pour elle.

-je me souviens de mon parrain, qui n'avait plus de cordes vocales, suite à un cancer. j'étais môme, et j'étais le seul à savoir lire sur ses levres. j'étais son traducteur !
et les gens lui parlaient en gueulant comme des veaux, car, comme il n'entendaient pas le son de sa voix, ils reportaient leur "surdité" sur lui. c'était assez agaçant de leur dire que ce n'était pas la peine de gueuler, qu'il entendait tres bien.
et moi meme à qui il manque un doigt à la main droite, combien de fois j'ai serré la main de mon interlocuteur avec la gauche, pour ne pas le gener..
.

-mais si tu veux etre considérée comme n'importe quel quidam, c'est certainement une erreur. tu es unique, comme chacun d'entre nous. bien sur, il y aura toujours le regard condescendant, mais c'est le meme pour le riche envers le pauvre, le blanc envers le noir. supprime le regard, et les différences disparaissent. l'a priori n'existe plus. regarde, sur internet, dans les forums, les visages ne sont plus une barriere, car absents. seuls les sentiments, la pensée transparaissent.

Pour l'avoir vécu, je peux te dire que je ne suis pas d'accord.

-tant mieux!!, si nous etions d'accord sur tout, notre conversation n'aurait aucun interet


Même sans visage, les gens partent dès qu'il y a subitement un grave souci. :(

-oui mais là nous en revenons à l'amitié, l'amour.
qui diait qu'il etait rassuré sur sa propre santé quand il entendait ses amis au téléphone, car, quand ça n'allait pas, il ne les entendait plus?
Henri jeanson? je crois, mais je n'en suis pas sur
nous reparlerons de tout ça dans un prochain billet

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